Bien s'informer, l'enjeu du moment !

Par Nina Lostis, Ambassadrice des Médias et de l'Information (novembre 2019-juin 2020) / Master 2 en histoire publique

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Un besoin urgent ?

Il est rare aujourd’hui de rencontrer une personne qui n’utilise pas quotidiennement un réseau social, et encore moins internet. Selon une étude publiée dans le journal La Croix en 2018 : « une famille française possède 9,8 écrans en moyenne » et « 73 % des enfants ont, au moins, un écran personnel ». Pour le travail, pour l’administratif ou encore pour échanger, internet et les réseaux sociaux sont devenus des outils indispensables au fonctionnement de notre société. Pratiques, rapides, disponibles en continu et souvent faciles à utiliser, ils permettent de créer du lien social ou professionnel et ce, peu importe la distance. Ils permettent aussi d’avoir un accès illimité à une quantité considérable d’informations. Mais comme pour tout : il faut les « consommer » avec modération car cela comporte des risques ! Usurpation d’identité, piratage d’informations bancaires, harcèlement, publications de photos ou de messages contre son gré, fake news…les risques d’internet sont nombreux, élevés et sont restés longtemps inabordés. 

L’éducation aux médias et à l’information – EMI – est ainsi devenue un enjeu majeur dans les écoles, et de la plus haute importance. Une étude du Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’informations (CLEMI) réalisée pour la première édition de son guide "La famille Tout-écran" confirme cette idée avec ces chiffres : « 78 % (des parents interrogés) souhaitent un renforcement de l’éducation aux médias à l’école et 83 % attendent une sensibilisation plus forte des pouvoirs publics aux dangers d’internet. » Cette seconde information soulève un enjeu souvent éludé : les enfants ne sont pas les seuls à avoir besoin d’être éduqués aux usages et aux dangers d’internet.

Une éducation pour tous

Les enfants d’aujourd’hui sont peut-être nés avec internet et l’utilisent souvent avec facilité, ils n’ont pas toujours conscience des risques qu’ils encourent et manquent parfois de recul devant ce qu’ils y trouvent. Leurs parents, pour beaucoup, plus réticents à utiliser les réseaux sociaux ont souvent l’impression d’être plus vigilants et conscients des dangers de « surfer sur le web ». Et pourtant enfants et parents sont susceptibles d’être victimes des fameuses fake news ou fausses informations. D’un côté, les plus jeunes se contentent souvent des premières informations reçues : le titre, l’image. De plus, du fait de leur jeune âge, ils ont souvent du mal à identifier les sources fiables. D’un autre côté, les adultes (parents ou non) ignorent certains mécanismes d’internet faisant d’eux, soit des victimes des fake news, soit des vecteurs de leur propagation. En effet, une étude américaine parue en 2016 dans le revue Science advances, montrait que les plus de 65 ans partageaient sept fois plus de fake news que les 18-29 ans. Attention cela ne signifie pas que les adultes croient davantage les fausses informations ou informations non vérifiées ! Une hypothèse est qu’ils ont tendance à croire que partager ces informations sur les réseaux revient à les dénoncer. C’est « une forme de l’indignation citoyenne », écrit Héloïse Rambert dans un article pour France Inter. En réalité, en diffusant des fake news, ils contribuent à accroitre leur visibilité, à élargir leurs publics et avec, les risques que des internautes soient convaincus par ces fausses infos.

Point conseils pour petits et grands !

Avant de publier, de liker ou de partager une information, c’est mieux de bien lire l’information et de la vérifier ! Quelques tuyaux : trouver une ou deux autres sources qui la confirment ; aller sur des sites de fact checking (vérification d’informations) comme AFP Factuel ou le Décodex par Le Monde.

Deux gestes simples :

  • ne pas seulement regarder le titre et l’image d’un article mais le lire
  • ne pas partager si on doute d’une information 😊