Le journalisme à l'ère du numérique

Par Naïm Meridja, Ambassadeur des Médias et de l'Information (novembre 2019 - juin 2020)

Depuis toujours, chaque métier est soumis aux différentes évolutions technologiques, matérielles, ou encore intellectuelles qui viendront plus ou moins boulverser le métier en question. A titre d’exemple, un ouvrier travaillant pour une usine automobile devra s’adapter aux différentes évolutions technologiques et donc matérielles, telles que l’arrivée de la voiture électrique.
Nous allons aujourd’hui nous attarder sur le métier de journaliste ; Comment cette profession jugée importante par 92 % des Français (Source : Le JDD) s’est adaptée à l’arrivée d’internet et à la propagation express des réseaux sociaux.
Le journalisme en ligne est un phénomène qui a débuté dès le début des années 1990 mais qui s’est surtout développé dans les années 2000. L’arrivée du numérique à amené de nombreuses questions quant à l’organisation du métier de journaliste, certains allant jusqu’à penser qu’il fallait « repenser » la profession. C’est dire si l’impact de cette arrivée à été important et pris au sérieux.
S’il nous paraît aujourd’hui évident qu’internet est l’outil le plus adapté à la diffusion
d’informations rapides, cette innovation a été décrite comme un « choc culturel » pour les journalistes qui ont longtemps eu une grande difficulté à accepter ce changement et cette nouvelle manière de travailler. Car au-delà des moyens de communication et de propagation de l’information, c’est la relation à l’information qui a changé.
Aujourd’hui avec les réseaux sociaux, nous consommons l’information, des dizaines d’articles défilent en permanence dans nos fils d’actualités sans que l’on s’attarde à aller les lire, à aller vérifier l’information. Il est donc nécessaire pour les journalistes d’être le plus concis possible, l’ère des informations détaillées par des longs articles est visiblement en train de s’éteindre laissant place aux médias de masse, où l’objectif principal est de diffuser un maximum d’informations, avoir le maximum d’exclusivité, parfois au détriment de la qualité.

Les réseaux sociaux

Bien ou mauvais ? Outils facilitateurs ou dégradants pour les valeurs du journalisme ? L’apparition et l’usage des réseaux sociaux ne mettent pas tout le monde d’accord dans le monde des médias.
94 % des journalistes en France utilisent les réseaux sociaux dans le cadre de leur travail, une grande partie de ceux-ci dit ne pas pouvoir s’en passer, d’après une étude réalisée par Cision et Canterbury Church University. Mais si, selon 32 % des journalistes, les réseaux sociaux sont un outil efficace améliorant leur productivité, ce n’est pas l’avis de tout le monde dans le milieu. En effet, la majorité des journalistes reste dubitative quant à la plus-value des réseaux sociaux sur la profession de journaliste. Toujours selon la même étude, 61% des journalistes interrogés pensent que cette nouvelle approche de l’information dégrade les valeurs du métier journaliste.
Si de nombreux sujets créent débats et désaccords, 86% des journalistes s’accordent pour dire que les réseaux sociaux encouragent la rapidité, « l’industrie » au détriment de l’analyse, et de la profondeur.

Il est évident qu’aujourd’hui les médias ne sont plus les gardiens de la transmission de
l’information ; même si leurs influences restent encore conséquentes, les réseaux sociaux
constituent une passerelle importante entre certains événements et le public, les informations peuvent se diffuser avant même que les médias aient le temps de les poster. De quoi nous poser des questions sur l’avenir du métier. Meera Selva, directrice du programme de bourse en journalisme du Reuteurs Institute pour l’étude du journalisme, affirme que cette tendance va continuer de s’accroître.