VOOLP 2019 : c’était aussi pour ados !

Lénaïc Eberlin à Sarre-Union pour le festival VOOLP 2019

Pour cette 10e édition, la programmation du festival VOOLP faisait la part belle aux spectacles pour ados avec pas moins de 11 spectacles et 18 représentations destinés plus particulièrement à ce public. Venus nombreux, avec leur classe, leurs parents, seul ou entre amis… ils étaient au rendez-vous de ces contes pour ados. Mais en fait, c’est quoi exactement un conte pour ados ? Est-ce que cela existe vraiment ? Retour sur le festival 2019 avec en prime, quelques impressions ou petites anecdotes.

Conte pour ados ?

Les contes, tout le monde dit que c’est pour les petits, puis en cherchant bien, il s’avère qu’ils s’adressaient tout d’abord plutôt aux adultes… alors, qu’est-ce qui nous fait parler de conte pour ados ? Peut-on parler de créations spécifiques par la forme, le sujet, la mise en scène, la manière de parler, la musique qui accompagne, … ? Peut-être est-ce un savant mélange de tout cela ou peut-être tout à fait autre chose.

Cela peut dépendre du sujet : le spectacle abordant une thématique sera susceptible de plaire aux ados ; mais n’allez surtout pas croire que cela se limite à ça, et qu’ils ne sont pas curieux !! Car cela peut aussi, tout simplement, être une histoire qui va résonner en eux, les amener à s’identifier, à s’interroger ou leur proposer de s’évader.

Le conteur peut aussi décider d’un angle d’approche de ce sujet, d’une scénographie pour interpeller d’avantage cet âge-là qu’un public plus jeune ou plus âgé. Choisissant un langage ressemblant à celui des ados, leur parlant directement, proposant du quotidien, du contemporain, du moderne… mais lui conter aussi merveilles et envie d’ailleurs.

Alors finalement, le conte pour ados ne serait-il pas tout simplement du conte : des histoires cherchant leur public pas forcément par catégorie d’âge ? Car des contes, il y en a pour tous les goûts !

Les artistes de VOOLP 2019

Ils sont venus d’Alsace, de partout en France et même d’au-delà les frontières et les océans pour conter aux ados. Ils ont choisi de leur parler d’amour, d’amitiés, de fratries, de traditions, de sexualité, d’héritages, de mémoire collective, de rencontres, de partages, d’hier, d’aujourd’hui et parfois de demain.

Chacun dans sa langue, avec un petit accent d’ailleurs, parfois dans des langues étrangères, ils proposaient des voyages autour du monde, à travers les années et au plus profond de nos imaginaires…

Avec de toutes nouvelles créations ou avec des spectacles ayant déjà rencontrés un public nombreux en dehors du territoire alsacien, chaque représentation a fait mouche et a suscité les rencontres et les échanges.

Du peuple amazonien en Guyane jusqu’à Québec, de l’Afrique Noire en passant par les berbères, le Vietnam, la Bretagne ou le Sud-Ouest… des maisons hantées, des amours, des luttes, des amitiés, des combats, des rires, des larmes… toutes ces histoires ont suscité mille émotions à travers l’Alsace !

Et dans le public alors ?!?

A 2 jours de repartir en Guyane afin de finaliser son spectacle,  « L’homme Jaguar », Lénaïc Eberlin proposait une 1ère étape de création à 3 classes du Collège Pierre Claude à Sarre-Union. Plus d’une heure de plongée dans ce mythe contemporain, entre traditions et quotidien sur ce territoire français bien éloigné : des éclats de rire, des exclamations et une rencontre après la représentation où les jeunes ont pu poser des questions à Lénaïc… une rencontre largement préparée avec  les enseignants : les élèves avaient échangé en amont avec la compagnie, étudié documents et films fournis et ils étaient munis d’un questionnaire pour assister à la représentation. Celui-ci ayant pour but de regarder le spectacle sous différents aspects : artistique, technique et critique. Les échanges se poursuivront donc après les vacances et nul doute qu’ils auront de quoi raconter !

Avec humour et poésie, Robin Recours a proposé 4 représentations de « Il était une fois les langues », offrant ainsi grâce aux langues découvertes dans son spectacle un remède contre la peur de l’autre, prônant le droit à la différence et la richesse de celles-ci (de l’arabe au swahili, en passant par le chinois, l’espagnol, le portugais, l’italien, l’anglais, l’allemand, le russe et l’occitan). Là encore, de nombreux ados présents ont été touchés par le message et ont entamé la discussion avec l’artiste.

Rémi Salas proposait lui une représentation de « Peau d’ados » : un récit construit comme un journal intime, et relatant questionnements et confessions d’un groupe d’adolescents ; amours, sexualité, addictions, errances, besoins d’opposition, d’expériences,… une véritable plongée au cœur de leur univers dans laquelle certains se sont reconnus et ont tenus à en échanger avec le conteur après le spectacle.

Ce ne sont que 3 exemples de retours d’ados…

Il y a eu aussi, ces 2 sœurs émues par la belle histoire intergénérationnelle racontée par Muriel Tholozan : rencontre marquante entre 2 êtres qu’une société veut opposer au lieu de rassembler…

Deux copines hilares au 1er rang  de « Cauquemare » quand Annukka Nyyssönen raconte son histoire de hérisson écrasé…

Cette jeune fille qui se reconnait dans l’héroïne du récit d’Hamed Bouzzine, s’évade avec lui en territoire berbère le temps d’une histoire, mais continue de rêver au grand amour dans la vie de tous les jours…

Il y aurait de nombreuses anecdotes encore à vous raconter car de nombreux ados sont venus et ont apprécié VOOLP, alors rendez-vous en 2020 pour fêter les 10 ans du festival et d’ici là : écoutez des contes !

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